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Le braconnage en R.C.A.

  Sur tous les continents, les régions giboyeuses ont, de tout temps, été la cible des chasseurs et braconniers de tout poil.  Mais, autant le « braconnage » peut se comprendre lorsqu’il s’agit de nourrir un groupe local par une chasse de subsistance, autant le passage de la chasse à l’échelle « industrielle » est dévastateur !

La quasi disparition des bisons des Etats-Unis, en quelques décennies au siècle dernier, a été la parfaite illustration de cette déviance.
Il est certain qu’aujourd’hui, la chasse et la pêche industrielles sont sévèrement réglementées, et pourtant…
En République Centrafricaine (R.C.A.), jusque dans les années 80, certains territoires du centre et de l’est du pays étaient concédés en zones de chasses commerciales bien gérées, destinations réservées à de petits groupes de chasseurs bien encadrés.

Ces prélèvements de beaux trophées représentaient pour l’Etat Centrafricain une manne non négligeable (apport de devises par les taxes d’abattage et le tourisme, création d’emplois sur place – chaque zone de chasse offrant facilement une cinquantaine d’emplois saisonniers) et faisaient la renommée cynégétique de la région, sans pour autant mettre en danger l’écosystème.
En parallèle de ces concessions strictement contrôlées, existait une forme de petit braconnage traditionnel (subsistance et petit trafic artisanal peu préjudiciable au développement de la faune).
Mais, à partir de 1980, de nombreux rebelles présents au Soudan décidaient de se tourner vers une activité extrêmement lucrative : le commerce de l’ivoire, essentiellement à destination du Moyen Orient…



 

Et, le gibier soudanais se raréfiant rapidement, les régions peu peuplées mais très giboyeuses de l’est de la R.C.A., faciles d’accès par la ligne de partage des eaux, les rivières et les pistes de transhumance devenaient pour ces « industriels » de l’abattage un véritable El Dorado !

En effet, suivant certaines estimations, à l’époque, l’effectif des éléphants atteignait en R.C.A. cent mille têtes… et les très belles pointes d’ivoire de plus de trente kilos n’étaient pas rares !

Décimées en moins de vingt ans par des bandes de braconniers bien organisés tirant à l’arme de guerre (des fusils automatiques du type Kalachnikov entre autres), la population des éléphants en R.C.A. ne représente plus, aujourd’hui, qu’un maigre cheptel de deux ou trois mille bêtes !

Certes, la Convention de Washington, en son temps, a fortement réglementé le commerce de l’ivoire.

De même, en 1989, l’inscription des éléphants sur les listes de la CITES (Convention pour le commerce international des espèces de faune et flore sauvages menacées d’extinction) a freiné les massacres en diminuant considérablement leurs débouchés légaux… mais les exactions n’ont pas cessé…

En effet, en Centrafrique, les moyens humains et techniques à opposer aux braconniers et contrebandiers étant chroniquement insuffisants, faute d’éléphants, les tireurs se sont simplement réorientés vers d’autres cibles… et les vendeurs d’ivoire sont devenus vendeurs d’une viande qu’ils n’ont pas le souci d’élever : buffle, bubale, cob de Buffon, cob Defassa, girafe, hippopotame, phacochère, etc.

  Boucanée et séchée, la viande perd jusqu’à 90 % de son poids et peut être facilement transportée par caravanes vers le Soudan.

Ces abattages systématiques et non sélectifs ont aussi quelques conséquences inattendues : il est probable que certaines espèces d’antilopes autrefois très répandues en R.C.A., comme le cob de Buffon, aient pratiquement disparu en raison de la prolifération de carnassiers comme la hyène ou le lycaon. En effet, les carcasses abandonnées sur place par les braconniers ont offert à ces carnivores une nourriture abondante favorisant le développement anarchique de certaines espèces et engendrant ainsi un grave déséquilibre écologique : de leur rôle de charognards indispensables et régulateurs, trop nombreux, ils sont passés pour se nourrir au rôle de chasseurs prédateurs, adoptant une chasse en meute particulièrement meurtrière.

Si l’on ajoute à ces éléments écologiques les considérables problèmes de sécurité dus à la présence de ces bandes armées, il est évident que la mise en place, dans l’est de la R.C.A., d’un projet comme le nôtre peut avoir un impact considérable sur la région entière.


 
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