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Accueil SITUATION R.C.A. Braconnage Article de notre ami et romancier Daniel Henriot
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Plus de 1.000 éléphants

encore massacrés cette saison en RCA


Voici quelques photos des «exploits » des braconniers : mères gestantes éventrées, animaux abattus seulement pour leur ivoire… carcasses laissées à pourrir sur place. La viande même ne profite à personne. Le gâchis est total… et l’écoeurement aussi : manifestement, ces massacres ne sont pas le fait de gens affamés, dont on pourrait comprendre la détresse, mais celui de vulgaires bouchers cruels qui tirent sans risque sur tout ce qui passe à portée de leurs armes.


Par Daniel Henriot

Ami, ne détourne pas de ces clichés tes yeux horrifiés, ils reflètent le sort ordinaire de l’éléphant dans la savane Centrafricaine.
L’interdiction du tir de l’éléphant, dont nous sommes partisans, ne concerne pas les Africains.

 


Ayant définitivement quitté la RCA en 2004 et Yalinga en 1999, je ne suis pas le plus habilité à traiter de l’avenir de l’éléphant en ces lieux. Les informations sur la dégradation de la faune ne contribuent pas à mieux clarifier le sujet que la discrétion de professionnels tenus au devoir de réserve par leur négoce. Sachant que les exaltations guerrières sont le plus souvent signées du sang des autres, les conseils ne sont pas de mise mais, dans la perspective du développement de Doli, il faut tirer profit de ce que les jeunes nomment avec une moue de dédain « expérience ». Trente années dans les parages du Chinko, la réalité du terrain, la proximité de braconniers que l’administration disait venus d’un pays frère, m’ont forgé une opinion que j’ai exposée dans « Au bout des pistes, le Chinko » (Ed. Montbel).

La donne n’a pas change depuis l’invasion du Chinko en 1978, sinon que le marasme politique a empiré.

En réfléchissant au dilemme, on conclut qu’il n’existe aucune solution individuelle à un problème global. Je n’ai pas abdiqué faute d’aide il y a dix ans, pour soutenir aujourd’hui qu’on peut régler un problème identique par ses propres moyens. Je sais aussi qu’en nous acculant au repli, l’injonction du Colonel Mention, Conseiller du Président qui nous interdisait d’embaucher des mercenaires, nous a évité des pertes humaines – ce qui n’est pas nul dans la gestion d’un échec. Quand on déclare la guerre, c’est pour la gagner, et les fusils de chasse sont d’un piètre secours contre l’armement militaire. Alors, il serait coupable de faire preuve de suffisance pour, ensuite, compter les morts du fond de son fauteuil. Ce n’est pas affaire de morale – encore que…- mais de réalisme. A l’évidence, la volonté politique qui a permis à certains pays d’enrayer le braconnage manquait à l’époque à l’état Centrafricain. Son inertie invoquait l’absence de moyens, mais,à examiner le bilan du fameux projet « Nord» (PDRN – Ecofac) après vingt ans d’exercice et cinquante milliards CFA d’investissement, on apprend que, si le financement est une condition nécessaire, elle n’est pas suffisante en l’absence d’encadrement compétent. Ne nous leurrons pas, Doli n’a pas plus de chances d’inverser les choses que de découvrir une potion magique et, n’en déplaise aux « va-t-en-guerre », sa vocation n’est pas de favoriser une lutte armée qui cumulerait gloire et cadavres pour la sauvegarde de l’éléphant.

Doli atteindra ce résultat par une action de type administratif, social, éducatif et sanitaire, en redonnant espoir à une région à l’abandon. Son objectif est de restaurer la confiance pour convaincre la population d’aider à protéger SA faune (inventaires, comptages, localisation, état sanitaire des animaux, protection…), en amplifiant à partir d’un centre, Yalinga, un périmètre de sécurité. Cela exige une présence permanente et de la constance pour des résultats qui paraîtront peut être décevants dans un premier temps. Mais si, par la suite, cette action attire des subsides, Doli disposera alors d’une structure adaptée à des objectifs plus ambitieux. Les obstacles à notre implantation sont à la fois déplaisants et dérisoires : des intrigues larvéesémanant d’opportunistes sans autre motivation que la vénalité, et qui s’éteindront dès que la présence de Doli sur le terrain sera manifeste. La nature a horreur du vide et il incombe à Doli de stimuler par l’exemple de son action, la volonté des nationaux.

Il faut d’abord un financement, ensuite, les stratégies évolueront au gré des priorités. La situation catastrophique, l’état de guerre civile qui sévit dans maintes régions du pays, et la mondialisation impliquent une nécessité de réactivité et d’imagination. C’est le challenge gratifiant que Doli doit relever.

Daniel Henriot.

 

 
(Photos Vincent Citerne)

 
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